"La 3e voie…"

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Qu'il était beau mon IUFM !

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Une discussion engagée sur le blog d’Emmanuel Davidenkoff au sujet des enseignants néo-titulaires mis devant une classe sans aucune formation professionnelle préalable.

 

 

Emmanuel DAVIDENKOFF (le 01.09.2010) :

Quand même. Ce lamento, en boucle, sur radios et télé, sites web et journaux, à propos de ces enseignants néo-titulaires plongés dans le grand bain sans formation. Ces cris d’orfraie et d’étonnement : quoi ? dans quel pays vit-on ? envoyer de jeunes enseignants devant des élèves sans leur avoir appris le métier ?

Il faut avoir la mémoire courte.

Je suis né au journalisme éducation au moment de l’ouverture des IUFM et je m’en souviens très bien, ainsi que des années qui ont suivi. Jamais, jamais, les critiques, virulentes, ne se sont tues (je le sais, je leur ai donné écho). Jamais la violence inouïe des attaques contemporaines de la création des IUFM (lisez-les ou relisez-les !) ne s’est atténuée. Jamais les plus radicaux pourfendeurs des IUFM n’ont posé les armes pour dire que les choses, imparfaites, pourraient s’améliorer, que tous les IUFM ne se valaient pas, qu’aux excès jargonnants de certains didacticiens répondaient les fines observations de certains pédagogues… et réciproquement. On a, volontairement, sciemment, jeté le bébé avec l’eau du bain, laissant entendre qu’enseigner s’apparente à un virus (ça s’attrape par contagion en regardant faire les grands anciens).

Alors un jour, un ministre qui passait par là mais qui, sur cette question, avait depuis longtemps annoncé la couleur, s’est dit que pas grand-monde ne lui chercherait noise s’il prenait sur la formation des enseignants les 12.000 postes que lui réclamait le ministère des Finances. Il avait raison : aucune manifestation de grande ampleur n’est venue contrecarrer le projet, le débat restant confiné au cercle des spécialistes et des acteurs. Alors le refrain du “Hier c’était mieux” qu’on nous serine en cette rentrée, franchement, faut avoir la mémoire courte.

Moyennant quoi je suis tout aussi ébahi par l’attitude de ceux qui, jouant avec le feu, expliquent que l’année sera catastrophique pour les élèves qui auront affaire à ces nouveaux enseignants. Comme si l’entrée dans le métier s’apparentait, jusqu’en septembre 2009, à un chemin semé de roses. Comme si les enseignants “d’avant” étaient suffisamment formés avant de prendre leur première classe (souvenez-vous de cette anecdote cent fois rapportée par des enseignants : “A l’IUFM, le cours “Réussir sa première heure” a lieu en octobre”). Que ce soit plus dur cette année, j’en suis certain. Qu’on n’aide pas assez les impétrants aussi. Et qu’on ne les aidait pas assez avant. Et qu’on n’aide pas non plus assez les enseignants en poste depuis cinq, quinze ou trente ans, je suis d’accord encore. Mais jouer les parents contre les néo-profs, les élèves contre les néo-profs, en laissant entendre qu’une “catastrophe pédagogique” va s’abattre sur les écoles de France, franchement, il faut oser.

PS Oui, je sais, en tant que tels les IUFM demeurent. J’emploie ici ce sigle pour ce qu’il représente depuis 20 ans dans le débat, pas pour désigner l’entité “IUFM” à qui, en outre, je souhaite bien du courage

Mise à jour le Mercredi, 18 Janvier 2012 15:02  

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